5e Édition : Le Cinéma comme une invitation au Voyage

Bannière de la programmation du festival
Programmation | Par Jennifer Vialet

Pour souffler ses cinq bougies, le Festival de Films en Plein Air nous emmène loin. Sous le thème universel du « Voyage », cette édition 2026 célèbre l'aventure, la découverte de l'autre et la quête de soi.

Mercredi 5 août : Émerveillement et Aventure

Le voyage commence par l'émerveillement, ce regard neuf que l'on pose sur l'inconnu. Pour ouvrir cette première soirée, nous plongeons dans l'esthétique somptueuse d'Azur et Asmar de Michel Ocelot. Véritable pont entre les cultures, ce conte nous transporte dans un Maghreb médiéval onirique où la quête d'une fée légendaire devient une leçon de fraternité.
La soirée monte ensuite en intensité avec l'énergie de Steven Spielberg dans Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne. Ici, le voyage est synonyme de mouvement perpétuel, de mystères archéologiques et de poursuites effrénées. Enfin, nous clôturons cette première escale en apothéose avec le mythique Voyage dans la Lune de Georges Méliès. Ce chef-d’œuvre de 1902, présenté ici avec son documentaire dédié, nous rappelle que le cinéma est, depuis ses origines, la plus fabuleuse des machines à explorer l'impossible.

Jeudi 6 août : Mémoire et Quête de soi

Le voyage est aussi, et peut-être surtout, intérieur. Cette deuxième escale délaisse l'action pour la contemplation et la résilience. Nous débutons avec la marche méditative de Tsai Ming-liang dans Le Voyage en occident, avant de suivre une route plus historique et poignante : celle du Voyage de Primo Levi. Ce documentaire nous transporte à travers l'Europe sur les traces de l'écrivain, transformant le trajet géographique en un devoir de mémoire nécessaire.
L'émotion se poursuit avec la mélancolie de L'Illusionniste de Sylvain Chomet, un hommage au monde du spectacle qui s'efface. La soirée s'achève sur le périple improbable et bouleversant d'Alvin Straight dans Une histoire vraie de David Lynch. À bord de sa simple tondeuse à gazon, ce vieil homme prouve que la valeur d'un voyage ne réside pas dans sa vitesse, mais dans la sincérité de la démarche. Un moment de cinéma pur, où chaque kilomètre parcouru est une réconciliation avec le passé.

Vendredi 7 août : Traversée Fantastique

Pour la clôture du festival, nous brisons les frontières du réel. Le voyage devient ici une transgression des lois de la physique. Nous ouvrons avec le chef-d'œuvre d'anticipation Arco d'Ugo Bienvenu, qui nous projette en 2075 pour une réflexion visuelle saisissante sur notre futur. Puis, place à l'humour millimétré et aux couleurs saturées de Wes Anderson avec À bord du Darjeeling Limited, une odyssée fraternelle à travers l'Inde qui masque, sous ses airs de comédie, une quête spirituelle profonde.
La tension monte avec l'univers baroque de Terry Gilliam dans Bandits Bandits, où une troupe de nains entraîne un jeune garçon dans les couloirs du temps pour dévaliser l'Histoire. Enfin, nous terminerons ce festival sur les rives de l'expérimentation avec La Jetée de Chris Marker. Ce roman-photo cinématographique, d'une puissance rare, interroge la fragilité de nos souvenirs et l'inéluctabilité du destin, laissant le spectateur sur une note de vertige absolu.